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DISCOURS
Pont de Sèvres (92) - 05/12/09 - Discours de Isabelle LARAQUE
Le MNR face au débat sur l'Identité nationale
Discours prononcé lors du Conseil national

Le débat et ses présupposés
Éric Besson a lancé un grand débat sur l'identité nationale, le 2 novembre dernier, jour des morts ! Pour mieux l'enterrer, sans doute ! Ce grand débat (je cite), doit '' faire connaître et partager l'identité nationale.../... des réunions seront ouvertes à l'ensemble des forces vives de la nation :réseaux élus de la diversité, mouvements associatifs, représentants des cultes .../... le grand débat doit permettre de valoriser l'apport de l'immigration à l'identité nationale.'' Fin de citation.
Le tour est joué :on feint de lancer un débat et on laisse le champ libre aux conceptions les plus fantaisistes de l'identité nationale qui contribueront à l'affaiblir davantage. Ce débat présente plus de risques qu'il ne suscite d'espérances.
Et ce n'est pas tout à fait un hasard si au même moment une députée UMP dépose une proposition de loi interdisant aux parents de donner la fessée : une façon de saper leur autorité.
Destruction de la famille, destruction de la nation : c'est bien le projet d'un nouveau totalitarisme auquel nous devrions peu à peu nous soumettre !
'' Faire partager l'identité nationale  '', or l'identité c'est ce qui est propre à soi ! Comment la partager ? L'identité nationale n'est pas un camembert, elle ne se divise pas, elle ne se décompose pas, elle est par nature unique comme la Volonté générale du Contrat social.
Alors que la souveraineté nationale, la souveraineté du peuple a été scandaleusement bafouée à la suite du référendum de 2005 sur le projet de constitution européenne, ce gouvernement voudrait nous faire croire à présent qu'il se fait le gardien de l'identité nationale! À d'autres !

Mais c'est ainsi, le débat est ouvert !
Or l'identité nationale est une réalité affective, plus que conceptuelle ; la France on l'a dans le sang, dans les tripes, dans la peau, elle s'éprouve plus qu'elle ne se pense.
Alors si l'identité relève de l'ineffable justement parce qu'il y aurait trop à en dire, pourquoi débattre ? 

La foire aux âneries !
Consultons le site Internet debatidentite.fr permettant aux Français de donner leur avis ! Une rubrique bibliothèque recommande tout de suite après la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen de 1789,  la Déclaration universelle des droits de l'Homme !
Ensuite, c'est la foire aux âneries ! On peut y lire :
'' L'identité française, c'est le foot '', '' C'est le pâté, le saucisson ''
Même les philosophes ont bafouillé :
Luc Ferry d'habitude mieux inspiré, réduit l'identité nationale au mérite ! Or on peut avoir réussi grâce à ses efforts, à son travail sans se sentir Français !
Michel Serres, membre de l'Académie Française et professeur à Stanford, confondant identité nationale et carte d'identité, ose conclure :'' Identité nationale :erreur et délit '' ! (interview de Libé)

Qu'est ce que l'identité nationale pour le MNR ?
Si toutefois la parole nous est donnée, nous serons sommés de nous prononcer sur les deux conceptions de la nation qui ont été à l'origine des conflits de l'Europe au dix-neuvième siècle.
Alors êtes -vous pour la nation ethnique ou la nation élective ?
La nation organique ou la nation contrat ?
Le peuple des ancêtres ou le peuple des citoyens ?
Alors tranchez! Vous demandera t-on !
L'identité nationale :est-elle détermination inconsciente ou adhésion réfléchie ?
Bien sûr, l'identité nationale : c'est d'abord notre chair. 
Le moi français ne peut exister que dans l'enracinement au pays natal: un climat tempéré, cadre de la mesure et de l'équilibre, la terre, le paysage, les morts, le sang qui coule dans nos veines,  mais cette conception se heurte à deux objections :
- En 1870, les Allemands justifiaient l'annexion de l'Alsace-Lorraine au nom de critères ethniques et linguistiques : par sa race, par sa langue, par ses traditions, l'Alsace était germanique. Seulement voilà, elle ne voulait pas faire partie de l'État allemand.  Qu'est-ce qui fonde alors l'identité nationale ?
- Et comment ne pas songer à ces deux exemples tirés de l'histoire littéraire : Alexandre Dumas auteur des Trois mousquetaires pourtant petit-fils d'un marquis émigré à Saint-Domingue et d'une esclave noire, et Pouchkine l'écrivain russe par excellence, alors qu'il descendait par sa mère d'un Éthiopien le filleul '' négrillon '' - disait on à l'époque - du tsar Pierre le Grand. L'âme française et l'âme russe s'incarnent ici dans des sangs mêlés.
Ces exemples sont très rares, je vous l'accorde, mais ils existent !
Faut-il alors privilégier la nation issue du pacte social ? l'identité contractuelle ?
Ce pacte social est un acte tacite, un consensus implicite sur le fait qu'un lien social existe, lien antérieur à toute institution, toute loi, pacte périssable car une nation peut mourir lorsque le pacte étant violé, chacun régresse dans la violence primitive.
Aucune nation n'est le fruit d'une pure volonté. Si la France était composée d'Africains ou d'Asiatiques adhérents au pacte social, elle ne serait plus la France, mais inversement si elle était composée d'Européens de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne mais tournés vers leur individualité et leurs intérêts financiers, elle ne serait pas non plus tout à fait la France !

Plaçons nous plutôt non sur le terrain de la chair mais sur le terrain de l'esprit avec Renan.
Ernest Renan, catholique par son enfance bretonne, se destinait à la prêtrise, mais il décida de consacrer sa vie à l'intelligence du monde. Au lieu de se faire homme d'Église, il se fit homme de science !
Figure ambiguë certes, qui permet de réunir les croyants et ceux qui ne le sont pas, de combler cette fracture franco-française y compris dans notre famille politique.
Que nous dit Renan : Qu'est-ce qu'une nation ? (Conférence prononcée en Sorbonne en 1882) :
L'identité nationale c'est une âme.
Une nation est un principe spirituel, une âme collective.
Quel est ce principe spirituel ? D'abord la foi chrétienne qui a enflammé le sentiment national : De Clovis à De Gaulle, en passant par Saint Louis, Jeanne d'Arc, cette idée que la France est promise à un destin exceptionnel et soutenue par la Providence !
Mais l'âme collective ne se réduit plus à la religion ; c'est aussi la mystique républicaine, le défilé et les festivités du14 juillet, la légende napoléonienne. L'identité nationale c'est tout cet héritage. C'est l'unification de son histoire, depuis '' nos ancêtres les Gaulois  '' ; c'est à la fois le souvenir de Reims et la fête de la Fédération de 1790, les cathédrales et les centrales nucléaires !
Poursuivons la lecture de Renan :
'' Avoir des gloires communes dans le passé, une volonté commune dans le présent, avoir fait de grandes choses ensemble, vouloir en faire encore, voilà les conditions nécessaires pour être un peuple ''.
Cette vision procède d'une synthèse.

  • Le passé,
    L'âme de la France s'est déployée au cours de l'histoire.
    L'identité nationale c'est l'oeuvre des siècles, une sorte d'inconscient collectif qui englobe l'influence grecque, gallo-romaine et chrétienne. L'identité nationale c'est la fidélité à soi-même.
    Quand est-elle née la nation Française ? Pas à Valmy, où les soldats crient '' vive la nation ! '' La Révolution définissait les Français par leur humanité plus que par leur naissance, et les déracinait. Elle est née plutôt à Bouvines (1214) où les troupes de Philippe Auguste écrasent celles d'une coalition anglo-allemande. L'identité nationale c'est d'abord un peuple uni autour de son roi ; cette identité s'est affermie avec la monarchie absolue jusqu'à ce que la Révolution lui donne un sens nouveau (celui de nation contrat).
    C'est le lien permanent au fil des siècles : le christianisme et la laïcité. À la conception héritée de 1789, s'est toujours mêlée l'idée de la France paysanne fille aînée de l'Église.

    Les gloires communes :  Renan n'évoque pas les malheurs, les défaites, les épidémies de peste noire, les famines, qui ont ravagé notre pays, ni les massacres, même si l'identité française se constitue et se consolide dans l'adversité et le deuil.
    Ce n'est pas en passant son temps à se morfondre que l'on renforce l'identité nationale. Il insiste sur l'héroïsme, des grands hommes bien sûr, mais aussi des simples citoyens '' avoir fait de grandes choses ensemble  ''. Préserver l'identité française cela suppose qu'on soit fier de son histoire !

  • Le présent
    Une volonté commune dans le présent,
    C'est la volonté de vivre ensemble, de parler la même langue, de participer à la vie économique et politique. '' L'existence d'une nation est un plébiscite de tous les jours  '' disait encore Renan.
    Des Italiens, des Espagnols, des Portugais, des Russes, des Polonais, voire des Arméniens ont choisi de devenir Français, pourquoi des barbares refusent-ils aujourd'hui de l'être et crachent-ils, comme la chanteuse Diams, leur haine sur la France ?
    C'est vouloir goûter le bonheur présent, jouir de la France : pas seulement de la beauté de ses paysages, mais de son patrimoine, de sa littérature, de son théâtre, de son cinéma.
    L'identité française, c'est le bon goût, la politesse, qui est mesure et comme l'élégance, non affectée ; On a peine à le croire lorsqu'on voit partout s'étaler la vulgarité, le débraillé. Pas surprenante dans ces conditions, la fermeture de la maison de couture Christian Lacroix contrainte de se séparer de 90% de ses salariés et de réduire une centaine de personnes au chômage !
    C'est aussi la gastronomie : l'ensemble des règles qui président à l'éducation du goût. Tout le monde n'est pas gourmet : voilà pourquoi il faut des gastronomes. On a peine à le croire là aussi face à nos plats de terroirs revisités par les cuisiniers africains clandestins !
    C'est la galanterie héritée de la chevalerie. Qu'en reste t-il, compte tenu des violences subies par les femmes...
    De lourdes menaces pèsent actuellement sur l'identité française : l'islamisation avec ses foulards, ses burqas, ses mosquées, la polygamie, l'excision.
    L'américanisation, avec mac Do, Eurodisney.
    La mondialisation qui réduit peu à peu la France à un pays- musée, lieu de tourisme où les plus beaux sites sont de moins en moins accessibles aux Français car trop coûteux pour eux.

  • L'avenir 
    Transmettre cet héritage
    Vouloir en faire encore (de grandes choses) ensemble.
    Avoir un grand projet.Un entassement de solutions circonstancielles ne fait pas un grand dessein. Exemple :alors que la France est au bord du gouffre, la proposition d'Éric Besson sur le modèle américain d' '' ouvrir aux parents les écoles dans lesquelles sont scolarisés les enfants sous prétexte de les familiariser avec les valeurs de la République '' C'est minable!
    Commencer par interdire, comme les Suisses, la construction de minarets. Les Français y sont favorables ! Des sondages l'ont montré !
    Sanctionner très sévèrement l'excision, les mariages forcés.
    Dans nos cantines, nos hôpitaux, nos écoles, nos administrations, tout doit rester conforme à nos traditions françaises.
    Interdire les prénoms étrangers (Mohammed, Karim et Rachida)
    Réformer le code de la nationalité :
    Plus d'acquisition automatique, exclure la double nationalité
    Abroger les décrets concernant le regroupement familial.
    Maintenir la naturalisation mais à certaines conditions : Vérifier que le candidat à la naturalisation a adopté les '' us et coutumes '', qu'il parle correctement le français.
    Qu'un rituel, un serment civique souligne la valeur de l'acquisition de la nationalité, comme cela se pratique dans d'autres pays.
    En attendant d'entreprendre la Reconquista, continuer à nouer des liens solides avec nos amis nationalistes européens : Allemands de pro Köln, Flamands du Vlaams Belang, Suisses de l'union démocratique du centre et de l'union démocratique fédérale, parti du peuple danois, Autrichiens, Néerlandais, Anglais, Italiens, Espagnols et Russes '' La France est notre patrie, mais l'Europe est notre avenir ''
    Voilà un grand projet : C'est autre chose que '' le désir d'avenir '' de Ségolène ! Vouloir ce n'est pas seulement désirer, c'est commencer et continuer !


    Le MNR concilie les deux conceptions de la nation : l'identité nationale c'est la chair et le pacte. L'identité nationale Française s'est fondée et sur l'existence d'une communauté organique et sur une volonté de vivre ensemble.
    L'identité d'un individu consiste à appréhender son corps dans sa totalité, c'est aussi ce qui demeure à travers le temps même s'il change, il a beau vieillir, il a le sentiment qu'il reste le même. Sinon, c'est la maladie mentale !
    Il en est de même de l'identité nationale ? L'identité c'est l'unité de ses membres, donc le refus du communautarisme. C'est la fidélité à soi-même. Aucune nation ne peut subsister sans cette double unité.
    Dans l'espace et le temps c'est la maladie collective :le mal être qui débouche tôt ou tard sur la guerre civile.
    Une nation se dédommage de l'humiliation par la redécouverte de son identité. À force d'entendre huer la Marseillaise, de voir son drapeau brûler, de se faire traiter de '' souschiens '' et lyncher par les '' jeunes des cités '', les Français finiront par réagir ! Les psys parlent de '' retour du refoulé. ''  Cela ne saurait tarder !...


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